Dies Irae



C a g e d
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Ce soir encore. Je mords, je crie, je dors, je pleure, je meurs. On se perd à ne plus se retrouver, on se démène à s'échancrer. Toi tu creuses, moi je regarde passivement. Je te regarde, l'air terrifié et les yeux pétrifiés, jouer le fossoyeur de notre idylle. Si tu savais comme j'ai pu te détester, comme j'ai pu t'aimer. Haine et passion ont fait de toi ce poison qui, chaque jour, m'achevait un peu plus à reculons.

Je suis maintenant libre, libre de toi, libre de Nous... et je suis dorénavant prisonnier, prisonnier de la solitude, prisonnier de nos souvenirs. Chaque nuit, mes rêves m'apportent la délivrance; en songe je me vole à moi même; je nous ait tant te de fois imaginé, cette vie fantasmé, cette fille qui n'a jamais existé. Mélange du mieux du passé, elle a certains de tes traits, ceux qui m'ont fait t'aimer, ceux qui vont tellement me manquer.

Je demeure désœuvré, m'ennuyant d'un rien. Vidé de tout, je n'envie plus. Comme un corps sans âme, j'erre dans un monde grisâtre et fade où toutes couleurs et toutes saveurs semblent promises au désespoir. Je t'en supplie, achève moi, ne me laisse plus croire. Jouons à cette roulette russe, charge cet arme, enfonce la moi au plus profond de ma gorge, je veux m'étouffer de ma propre mort. Comptons tous les deux, chantons d'un air gaiement mon exécution.

1, 2, 3, 4, 5, 6... Bam.



"Toutes les eaux sont couleur de noyade."
Emil Michel Cioran


+ M u s i c +    Symphony No. 9 in E Minor (Op. 95, B. 178)  (Dvořák)




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...***-= Unknown User=-* * *...

Ne pensez pas me connaitre car je ne me connais pas moi même.
Ne supposez pas que je suis un mec bien car je ne le suis pas.
Ne dites pas que je suis ceci ou cela car je suis juste Moi.
Ne croyez pas m'aimer car ce ne sera jamais le cas.

Déliquescence


E w i g k e i t
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S'habituer à l'inacceptable, accepter l'inavouable, vivre avec l'effroyable, aimer l'innommable... pour vivre, je dois mourir. M'oublier pour exister. Renouer avec mes regrets, chutes après chutes, souffrances après souffrances, pleurs après pleurs, revers après revers... les apprivoiser. Apprendre à apprécier chaque seconde de mes ratés, et m'en délecter jusqu'à plus soif. Confiner ça dans ses extrêmes retranchements, devenir un artiste du non-réussir. Je suis un névrosé de l'échec.

Je ne veux plus cette vertu d'esclave qu'est l'espoir, je ne veux plus laisser place au doute. Je me reconnais dans ce fait d'échouer, c'est devenu familier, un quotidien quasi-apaisant. Je ne veux m'attendre à rien, ne plus avoir de surprises pour ne plus souffrir, pour ne plus avoir à (m')offrir.


S'atteler jour après jour, à cacher sa dernière cassure, à ne pas raconter son ennui, à dissimuler sa tristesse de chaque instant, ne pas avouer tout ce l'on éprouve, de comme on peut être épris de l'autre. Faire semblant de, mentir et jouer de pour ne pas inquiéter.... Masquer derrière le sarcasme, toute sa solitude; derrière son insolence, tout son désespoir... je suis un ravagé de chaque instant. Devenir enfin immunisé aux émotions, ne plus rien éprouver. Etre émancipé de sa propre existence...


Je veux enfin devenir cet être ultime, une victime invincible.



"Je crois au salut de l'humanité, à l'avenir du cyanure..."
Emil Michel Cioran


+ M u s i c +    Roméo et Juliette Op.64c. IV Danse des chevaliers   (Prokofiev)


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...***-= Unknown User=-* * *...

Ne pensez pas me connaitre car je ne me connais pas moi même.
Ne supposez pas que je suis un mec bien car je ne le suis pas.
Ne dites pas que je suis ceci ou cela car je suis juste Moi.
Ne croyez pas m'aimer car ce ne sera jamais le cas.

Exaudi Vocem Meam


D u   D é s e s p o i r
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J'aime pour aimer. J'aime pour t'aimer, j'Aime....

Le choc passé, le vide fait place à l'amertume mais rien ne remplace le désespoir. Constant, alarmant, envahissant... il est devenu ma nouvelle âme soeur. Il me suit constamment, dirige chacun de mes pas, guide toutes mes paroles, décident de mes actions. Il me protège de ce monde de l'immonde alors je me cache, je m'efface. Je vis pour ne pas être affiché ni montré... je vis pour ne plus exister.


J'attends. J'attends sans essayer, j'attends pour espérer. Je suis l'esclave de mes envies, dominé par mes désirs manqués, par tout ce que je n'ai jamais assez reçu. Se lover pour la chaleur de ton corps, sentir tes doux baisers me brûler la peau, m'allumer sous tes regards enflammés, m'embraser sous tes caresses passionnées... mélopée algolagnique de mes besoins organiques, de mes amours rejetés qui tanguent dans ma tête.

Ma vie est une fractale sans structure et à nouveau, mon coeur se fracture en un milliers de larmes. Bouts à bouts je pleure cette histoire que je n'ai jamais eu mais toujours voulue. Une de plus, une bientôt parmi trop d'autres qui rejoindra la pile de mes lancinants échecs. Je ne les compte plus, je ne les vois plus mais chacun d'entre eux marquent mon corps à leur façon. Je suis un survivant du raté défiguré par les stigmates de tes rejets.

J'ai tant donné pour ne rien recevoir et dans chacune de mes prières, j'ai tellement espéré....




"Les romantiques furent les derniers spécialistes du suicide. Depuis, on le bâcle." 
Emil Michel Cioran


+ M u s i c +      Concerto pour piano nº 2 en do mineur, op. 18   (Rachmaninov)


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Ne pensez pas me connaitre car je ne me connais pas moi même.
Ne supposez pas que je suis un mec bien car je ne le suis pas.
Ne dites pas que je suis ceci ou cela car je suis juste Moi.
Ne croyez pas m'aimer car ce ne sera jamais le cas.

Prologue Faustien


O d e  R ê v é e
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J'ai mal au coeur, j'ai le vague à l'âme; pire que la solitude en elle même, c'est le fait d'être abandonné, de savoir qu'on ne fait plus qu'un. Moi et toi on s'est séparé, toi plus que moi. Je me suis contenté d'abdiquer, de nous laisser mourir sur l'autel de ma désinvolture. Nos souvenirs me traquent, nos pensées me hantent... tout me rappelle à nous, à ce Nous que j'ai si longtemps fantasmé pour ne jamais m'en accommoder. Un Nous si  fragile que quelques mots ont suffis à l'évaporer, à ce qu'il trépasse de vie à souvenirs pour bientôt s'oublier.

Je voulais notre passion, se laisser porter par la déraison, je voulais qu'on s'aime à la folie... que tu sois mon indispensable, que je sois ton essentiel. Transformer le morne banalité en un théâtre dans lequel se jouerait notre tragédie grecque. Je voulais des larmes et de l'Amour à foison à ne plus savoir quoi en faire. C'est le vieux rêve qui me consume: celui de connaitre l'apogée des sentiments.

Dès le premier regard, je savais. J'ai sentit mon coeur battre à en exploser. Ton sourire m'a achevé. Je t'aimais déjà. Je n'ai fait que t'attendre... je n'ai jamais cessé de le faire, de ce regard à notre fin. Le temps est perdu et je regrette tout ce que je n'ai pu te dire et tout ce qu'on a pas fait.

Ce soir encore, je me perds dans l'obscurité; je scrute cette lune lointaine, ce fol espoir qui m'a assujetti. Il me faut tromper l'ennui pour éviter de tout ressasser; mais chaque nuit, je replonge dans les tourments de notre passé.


J'aurai tant voulue que tu m'aimes.




"La pâleur montre jusqu'où le corps peut comprendre l'âme."
Emil Michel Cioran


+ M u s i c +    Adagio For Strings op.11  (Barber)


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Ne pensez pas me connaitre car je ne me connais pas moi même.
Ne supposez pas que je suis un mec bien car je ne le suis pas.
Ne dites pas que je suis ceci ou cela car je suis juste Moi.
Ne croyez pas m'aimer car ce ne sera jamais le cas.